Le chat miaule...

le 27/08/2010 à 00h 24min 10s
Le chat miaule. Elle se tourne brusquement. La peur. Son cœur explose. Elle se lève. Ses cheveux volent. Chacun de ses pas est une aile repliée ! Elle monte, cogne le plafond, passe la fenêtre et s’évanouit.
Il reste seul, sa pipe dans la bouche. L’horizon, rien. « La nuit, juste … ».
Elle était pourtant bien jolie, c’était surtout ses jambes. Elle en avait de belles, de longues de jambes. Il aimait y promener ses doigts.
Frémit. Quelqu’un, la porte. Les yeux. « Tout ça ?! un horrible cauchemar ».
Assis sur une chaise en bois, les coudes appuyés sur une table en bois il est face à une lumière qui lui pique les yeux.
Au fond, il sent : la culpabilité. Mais il refuse, s’obstine. Ce qu’il ne sait pas : le silence. Derrière la lampe, un autre homme, long manteau, noir, sourire cruel ; l’occasion, enfin : vengeance sonne !
Saisit la cravache sur la table, s’approche. L’autre visage a disparu.
Seulement un corps sans figure. Déconcerté, le bourreau éteint, rallume, rien n’y fait, l’autre reste défiguré.
La sueur. A l’étroit dans ses longues bottes en caoutchouc.
Il se relève en titubant, miracle, la porte, puis le couloir/ miroir : mon visage ?! Il s’écroule. Frôle un papillon, noir, et c’est étrange car ce papillon malgré l’obscurité se découpe très nettement. Il flotte imprévisible.
Le voilà qui marmonne : « plonge l’oubli dans une sauce noire et aussi opaque que du goudron, il faudrait plus de dix hommes, dix, pour soulever une telle charge, la colonne sans laquelle tout s’effondrerait, avec un peu d’espoir, il ne serait pas tout à fait impossible de la gravir, et même, ne serait-ce qu’une marche, mais je ne me retournerai pas avant de la voir, je veux dire vraiment, dans sa chair, je m’en serais perdu à tout rompre et peut-être que mon âme aussi serait sacrifiée mais je n’y crois pas vraiment, ce bitume amer n’est qu’une frasque désastreuse, un passage dans les anneaux mal polis de ta sentimentalité, à peine plus élégant que le nous qu’il te reste sur le coin du visage, je t’aiderai par l’éponge, pour tenir un peu, ça ne sert à rien de creuser, de frotter le sol avec sa langue quand on peut utiliser une cuillère, allez, arrête un peu, et juste « Regarde-moi », juste « Ecoute-moi », on peut en faire de belles des choses à deux ! pourquoi tu ne la tiendrais pas, cette main que je te tends, regarde… »
Puis la métamorphose en chenille. Posée dans le creux de ta main. Tu ne peux t’empêcher de resserrer les doigts, elle disparaît à mesure que tu l’écrases. Le liquide orangé pue.
Sur ton visage, quelques larmes : tu as pleuré ! –Non –Tu as pleuré ? -Puisque je te dis que non !
Il reste seulement une pièce vide. Sur le sol, quelques débris, le voyageur curieux sourit bêtement avant de s’en aller. Il n’y a aucun mystère.

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Commentaire(s):

lj
le 27/08/2010 à 15h 21min 43s
mais c'est trop triste :(







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